« Communiqué : Résultats des nouveaux indicateurs de suivi de la réforme de l’assurance maladie | Accueil | 2e sujet : le patient peut-il écrire dans son dossier? »

25 juillet 2005

"Médecin traitant" : les questions que chacun se pose (par le PT Parti des Travailleurs)

MISE EN PLACE DU DISPOSITIF AU 1er JUILLET 2005

"Médecin traitant" : les questions que chacun se pose

ON NE PEUT PAS OUVRIR LA RADIO SANS QU’UN MINISTRE OU UN RESPONSABLE NE VIENNE NOUS EXPLIQUER LES AVANTAGES DU DISPOSITIF DU "MÉDECIN TRAITANT". Y A-T-IL DES AVANTAGES ? Y A-T-IL DES INCONVÉNIENTS ? JUGEZ-EN VOUS-MÊMES

PT
Le Parti des travailleurs a, dès le début de l’année 2004, engagé une campagne contre le projet de loi Douste-Blazy, contre le « consensus partagé » sur lequel elle prétendait s’appuyer. Il a recueilli 100 000 signatures pour en exiger le retrait et la restitution par le patronat des 113,7 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales dont les employeurs ont bénéficié entre 1992 et 2002 (chiffre officiel du bulletin ACOSS-Stat, septembre 2003).

Les attaques contre la Sécurité sociale n’ont qu’un objectif : réduire le « coût du travail », diminuer les dépenses sociales, comme l’exige le traité de Maastricht.

Pour le Parti des travailleurs, la démocratie exige le rétablissement plein et entier de la Sécurité sociale telle qu’elle fut fondée en 1945 et la rupture avec toutes les directives et traités européens qui en ordonnent la destruction et la privatisation.

PRÉSENTATION
Le dispositif du « médecin traitant » entre en vigueur ce 1er juillet, en application de la loi Douste-Blazy du 13 août 2004 contre la Sécurité sociale.
Cette loi a déjà instauré, à compter du 1er janvier, une retenue forfaitaire de un euro sur tous les remboursements de consultations et d’analyses médicales.

LES FAITS
QU’EST-CE qu’on nous dit ? « Le médecin traitant vous aide à vous orienter vers un médecin spécialiste et coordonne votre suivi. Grâce à lui, vous évitez les consultations inutiles, les examens superflus(...). En suivant le parcours de soins coordonnés, les assurés bénéficient de conditions optimums de tarifs et de remboursements » (communiqué de la CNAM du 27 juin 2005) (1). Le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie « salue les deux innovations importantes que sont le médecin traitant et le dossier médical personnel » (Le Quotidien du médecin, 24 juin).

Tout est donc fait pour notre bien ?

Est-ce que, vraiment, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Voyons ce qu’ils disent eux-mêmes.

Le ministre Xavier Bertrand, interrogé sur le nombre de formulaires (pour le médecin traitant), vient de déclarer : « Demain, nous en serons à plus de 20 millions sur les 48 millions envoyés. C’est un succès. »

Mais, dans le même temps, la CNAM donne le chiffre de 36 961 595 formulaires envoyés.

C’est 48 millions ? C’est 36,961 millions ? C’est combien ? Un chiffre, c’est un chiffre. Un ministre, c’est un ministre. Un Haut Conseil, c’est un Haut Conseil. Pourquoi nous raconte-t-on n’importe quoi ? Qu’est-ce qu’on veut nous cacher ? Jugez vous-mêmes.

Le Premier ministre, le 23 juin, à l’Assemblée nationale, déclare à propos des dépenses de santé : « Aucun dérapage des dépenses ne peut désormais être admis. »

Qu’est-ce que cela signifie ?

Est-ce qu’il faut se soigner lorsqu’on est malade ? Ou estce qu’il ne faut pas se soigner ? Un malade âgé a-t-il le droit aux soins nécessités par son état de santé ? De quel dérapage nous parle-t-on ?

Veut-on nous dire que les médecins sont des escrocs ? Veut-on nous dire que les malades se soignent trop ?

Ils appellent cela un "parcours vertueux"

Vous le savez, il y a eu la réforme Douste-Blazy, le 13 août 2004.

Elle a mis en place une enveloppe financière fermée, calculée pour respecter les critères de Maastricht.

Y a-t-il un rapport avec le « médecin traitant » ? Encore une fois, nous ne partons que des faits.

L’AFP écrit le 29 juin à propos du « médecin traitant » : « Si le patient ne s’inscrit pas dans un "parcours vertueux", il devra y mettre de sa poche » (voir tableau).

Qu’entendent-ils par « parcours vertueux » ?

Avec le dispositif du « médecin traitant » :

- vous ne pouvez plus allez voir directement le spécialiste sans être pénalisé financièrement ;

- si vous allez directement aux urgences, vous prenez le risque de ne pas être remboursé.

Nous publions ci-dessus le tableau avec ce que cela va coûter au malade.

Ce sont les faits.

Trois mois d’attente pour une chimiothérapie

Xavier Bertrand, ministre de la Santé, explique (Le Parisien, 30 juin) : « Les médecins doivent faire des efforts (...). Il est essentiel que près d’un milliard d’euros d’économies soient au rendez-vous. »

Les médecins ne sont-ils pas là pour prodiguer aux malades tous les soins dont ils ont besoin pour guérir ? Sur quoi doivent-ils faire des économies ?

Sur les soins des personnes âgées, qui ne trouvent plus de place à l’hôpital où 83 000 lits ont été fermés dans tout le pays par les gouvernements successifs entre 1992 et 2003, selon les chiffres publiés par le Conseil économique et social ?

Sur quels malades les médecins devraient-ils faire des économies ?

La directrice de l’Assistance publique de Paris déclare au Parisien (15 juin) qu’il faut attendre « plusieurs mois » pour une chimiothérapie après le diagnostic d’un cancer.

Plusieurs mois d’attente ?

Cela représente combien de morts ?

Savez-vous que 8 millions d’entre nous présentent une affection de longue durée (cancer, diabète, maladie cardiovasculaire...) ?

Ils sont pris en charge à 100 % par la Sécurité sociale. C’est pour cela qu’elle a été faite.

Or le ministre exige, dans un premier temps, et pour la seule année 2005, 455 millions d’euros d’économies sur ces malades.

On appelle cela un « parcours vertueux » ? N’est-ce pas la morgue pour les malades et les personnes âgées ?

Et tout cela au nom du déficit de la Sécurité sociale, au moment où le Premier ministre, interrogé sur les exonérations de cotisations de Sécurité sociale (Le Parisien, 28 juin), répond : « Nous faisons un effort considérable dans ce domaine : près de 20 milliards d’euros par an. Cela permet de réduire le coût du travail (2). J’ai décidé de maintenir ces allégements. »

Si ces milliards (153 milliards d’euros depuis 1991 !) étaient rendus à la Sécurité sociale à qui ils appartiennent, non seulement tous les malades pourraient être soignés sans avoir à payer, mais les lits fermés pourraient être rouverts, tout comme les écoles d’infirmières.

N’y a-t-il pas quelque chose d’impensable dans ce qui est en train de se passer ? Comme si la majorité de la population n’avait pas dit le 29 mai non à la remise en cause du droit aux soins. Ces droits ne doivent-ils pas être restitués et garantis aux malades ?

N’est-ce pas ces questions qui sont soulevées par le dispositif du « médecin traitant » ?

Dites-nous ce que vous en pensez. Si vous avez des questions, posez-les, nous y répondrons.

83 000 LITS D’HÔPITAUX ONT ÉTÉ FERMÉS ENTRE 1992 ET 2003


(1) La Caisse nationale d’assurance maladie chargée par la loi Douste-Blazy de faire respecter l’enveloppe fermée.
(2) La voilà, la vérité : réduire le « coût du travail ». C’est le chômage, la diminution des allocations de chômage, la liquidation de la Sécurité sociale.

 

TrackBack

URL TrackBack de cette note:
http://www.typepad.com/t/trackback/1108318/17599952

Voici les sites qui parlent de "Médecin traitant" : les questions que chacun se pose (par le PT Parti des Travailleurs):

Commentaires

Poster un commentaire

Si vous avez un compte TypeKey ou TypePad, merci de vous identifier

-----------------

---------------

----------------

Visitez...

  • Rédacteur Agoravox