La remise en cause du GIP-DMP est-elle fondée?
Pourquoi un (éminent) sénateur a cru utile, ces derniers
temps, de fustiger la façon dont le GIP-DMP assure son rôle (non moins éminent) ?
Difficile d’y répondre tant les enjeux politiques du DMP sont énormes et par
conséquent les préoccupations (légitimes) de nos représentants (fussent-ils indirects)
difficiles à cerner exactement !
Sans se tromper, il est néanmoins possible d’affirmer les 4 éléments suivants :
1°) le GIP-DMP fonctionne parfaitement et remplit ses fonctions.
2°) les industriels travaillent avec lui sans rechigner et sont heureux (je viens de voir deux d’entre eux dont un hier soir dans mon bureau) de pouvoir bosser avec des décideurs (ce n’était pas le cas avant la mise en place de ce GIP).
3°) le GIP ne fait pas beaucoup de publicité, il est vrai, quant à son rôle. Cela tombe bien : ce n’est pas dans ses objectifs. Il préférera, à l’avenir, faire la pub. du DMP ! Pour certains politiques, c’est peut être cela qui est difficile à intégrer…
4°) On dispose d’un calendrier très clair qui, selon toute hypothèse, sera respecté (même si des retards interviennent).
Alors qu'en pensez-vous?
Après avoir lu attentivement le rapport du senateur, je n'ai pas vu une critique du fonctionnement du GIP DMP mais une critique sur l'absence de pilotage stratégique et globale sur l'informatisation dans le domaine de la santé.
Alors que le DMP a été vendu comme un élément stratégique et structurant de la réforme de l'assurance maladie en 2004 (3,5 Mds d'économie dès 2006), la structure de pilotage du DMP se conduit comme une simple direction du projet technique DMP (ce qui est bien évidement nécessaire). La structure assure sa survie en jouant profil bas, c'est assez classique et plutot légitime.
La critique va me semble t-il plutot au Ministère et en particulier à la DHOS qui pour le sénateur n'assume pas sa responsabilité faute de moyens et d'expertise (cf chap IV.B.1).
Mais ce rapport est à la fois très lucide et décevant. Si le diagnostique sur l'état de l'informatisation de la santé et du projet DMP est juste et sans ambiguité, on reste sur sa faim quant aux recommandations ! elles restent assez génériques; voici quelques remarques:
- pas d'orientations précises sur le partage des rôles et responsabilités des différentes structures impliquées (DHOS, T2A, GMSIH, MAINH, MEAH, GIP DMP, GIP CPS ...) mais une simple injonction de coopérer: cela n'est pas suffisant pour mettre en place le pilotage stratégique et globale souhaité ;
- pas d'évaluation précise des résultats du GMSIH avant de s'empresser de vouloir pérenniser une structure qui est restée minuscule (12 personnes) au regard de sa mission (enfin une structure qui était crée pour une mission avec une date de fin!) (attention ceci n'est pas une critique du GMSIH, je n'ai aucun élément pour être en mesure de juger);
- demande de 100 M d'euros pour le DMP sans aucune justification de l'usage de cette somme alors qu'il est mentionné que le projet reste flou et que le calendrier est irréaliste;
- et enfin aucune mesure pour répondre à ce qui est identifié à raison comme une priorité (Chap I.C.2) et un pré-requis au DMP, l'accompagnement des établissements sur le volet SI de la T2A cad notamment le dossier patient unifié transverse accessible et utilisé par tous les acteurs de l'établissement et un système lié de pilotage opérationnel et financier.
Mais comment politiquement assumer de se déjuger 2 ans après dans un contexte de fin de mandat. En 2007 une loi (une de plus) ne sera pas respectée. Le rapport l'affirme mais ne demande de revoir la loi! cela me choque.
Rédigé par: jlc | le 28 novembre 2005 à 13:50